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Cyprien Verseux (Sup'Biotech promotion 2013), un Ancien en route vers les étoiles

Le monde de la biologie peut vous emmener n'importe où. Y compris sur Mars. C'est en tout cas ce à quoi Cyprien Verseux (Sup'Biotech promotion 2013) travaille. Il est sur le point de partir s'isoler un an avec cinq autres scientifiques dans un dôme, sur un volcan à Hawaii. Sa mission ? Étudier le comportement des scientifiques en conditions extrêmes et collecter des données pour le projet de la NASA d'une future mission habitée sur la planète rouge. Cet Ancien revient sur son parcours de biologiste attiré par les étoiles.

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L'espace t'a toujours attiré ?
Déjà enfant, j'adorais dormir dehors, avec mon père qui me racontait des histoires sur les étoiles et les planètes... Par la suite, j'ai un peu mis de côté cette passion avant de la retrouver à la fin de mes études.

Comment t'es-tu retrouvé à participer à cette mission avec la NASA ?
Tout est parti de mon stage de fin d'études à Sup'Biotech que j'ai justement fait à la NASA, en Californie, où j'ai travaillé sur un projet de biologie synthétique appliquée à l'exploration spatiale. Pour trouver ce stage, j'ai d'abord mis au point ce projet que j'ai proposé à un chef de branche à la NASA dont j'avais trouvé le contact sur Internet. Nous avons échangé quelques emails, fait une interview sur Skype et, finalement, le projet a été accepté. Je suis alors parti là-bas pour le développer. Depuis, j'ai continué à travailler avec la NASA et me suis porté volontaire pour cette mission financée par l'institution.

Quel est ce fameux projet ?
Il faut déjà savoir qu'en parallèle à ma dernière année à Sup'Biotech, j'ai fait un Master 2 de biologie synthétique et systémique où je travaillais également sur ce projet qui, à force m'a fait penser à ses applications possibles dans le spatial. J'ai commencé à le griffonner sur un papier et comme il tenait la route, je l'ai proposé à la NASA. L'idée générale tourne autour du développement de systèmes de support de vie sur Mars. Ces systèmes permettent aux astronautes de produire toutes les ressources dont ils ont besoin pour survivre. Le projet de système sur lequel je travaille permettrait de produire ces ressources à partir des matières premières qu'on peut trouver sur Mars, de façon à ne pas avoir à envoyer toutes les ressources depuis la Terre mais seulement quelques organismes vivants afin de les multiplier sur place. Le problème, c'est qu'aucun organisme connu ne peut survire à la surface de Mars, mais en augmentant leur résistance aux conditions sur place, on peut diminuer le besoin de protection. C'est le premier aspect du projet. L'autre aspect porte sur comment modifier les organismes pour qu'ils puissent survivre et produire des retours d'intérêt en métabolisant le matériel trouvé sur place.

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Pour ce matériel, tu te bases sur ce que le Rover trouve ?
Oui, je suis au jour le jour les résultats du Rover. C'est basé principalement sur ce qu'on connaît de l'atmosphère, les matériaux trouvés sur les roches et l'énergie solaire.

Quel est ton statut à la NASA ?
Après mon stage de fin d'études, j'étais face à un dilemme car la NASA proposait de m'embaucher comme ingénieur de recherche. Or, je voulais effectuer un doctorat mais la NASA n'étant pas une université, il me fallait trouver une autre structure pour mon diplôme. J'ai alors contacté un laboratoire en Italie qui m'intéressait déjà beaucoup, notamment les publications de leur directrice d'équipe et après discussions, nous nous sommes rapidement mis d'accord pour que je sois inscrit en doctorat là-bas. Je suis donc payé en partie par l'université et par l'Agence Spatiale Italienne afin de pouvoir garder ma chaire à la NASA en tant que co-directeur de thèse et donc passer la moitié de mon doctorat en Californie. Je fais souvent des allers-retours entre l'Italie et le siège de la NASA. Ma thèse de doctorat porte bien entendu sur le sujet de mon projet.

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Tu es sur le point de participer à la mission Hawaiʻi Space Exploration Analog and Simulation (HI-SEAS) où tu seras isolé avec une équipe de scientifiques pendant un an à partir du 28 août 2015. Pourquoi as-tu accepté ?
Cela fait longtemps que je souhaite participer à une mission similaire. En mars 2014, j'ai déjà candidaté pour la Mission Mars Arctic 365 qui consiste à passer un an dans l'Arctique dans un cylindre de 8 m de diamètre au sein d'une équipe de six personnes afin de tester la psychologie et le matériel d'une mission sur Mars. L'idée, c'est de vivre complétement isolé du monde en sachant qu'en cas de problème, les secours peuvent mettre trois semaines à arriver, qu'on ne voit que ses cinq autres coéquipiers pendant un an, qu'il faut porter une combinaison spatiale dès qu'on sort du cylindre, etc. C'est équivalent à vivre avec toutes les contraintes d'une mission sur Mars.
Pour moi, ce genre de mission me permettrait de tester sur le terrain le projet que je développe car il y a une grande différence entre développer un projet théorique et le faire fonctionner sur le terrain : il y a beaucoup de contraintes qu'on ne peut pas imaginer quand on est assis confortablement dans son fauteuil ! Il y a des contraintes d'énergie, des contraintes physiques et psychologiques comme l'isolement, une température extérieure très difficile, l'idée qu'on est loin du monde et qu'on ne peut compter que sur soi-même, etc. Cela peut jouer beaucoup sur les capacités intellectuelles et sur les capacités à réagir. La mission Mars Arctic 365 ayant étant repoussée à 2017, j'ai saisi l'occasion de participer à celle proposée par la NASA.

Tu t'étais préparé pour Mars Arctic 365 ?
Oui. Il y avait près de 250 candidats au départ et je fais partie des finalistes. Pendant un an, il y a eu plusieurs évaluations, des tests psychologiques, des interviews, des vidéos à envoyer, des questions auxquelles il fallait répondre par écrit, etc. Une fois qu'il ne restait plus que 21 candidats, une autre phase de sélection a commencé : pour celle-ci, nous étions divisés en trois équipes de six personnes, chacune a dû partir dans le désert de l'Utah, dans une base similaire à celle qui sera en Arctique, pour qu'on puisse se tester durant deux semaines sur le terrain (voir photos). C'était plus excitant qu'éprouvant et, même si ce n'était évidemment pas facile, j'ai passé deux semaines inoubliables et stimulantes ! En plus, le fait de vivre ensemble avec d'autres passionnés, ça rapproche forcément : les six membres de l'équipe restent encore en contact même si nous habitons très loin les uns des autres. Nous continuons ainsi à travailler ensemble sur des projets qui ont vu le jour durant ces deux semaines.

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